Kobissi : ‘’Lorsque tu n’as pas l’argent, c’est bizarre pour passer à la radio ou à la télé’’

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Jeune et talentueux, il l’est. Il est également de ceux qui, malgré les obstacles, ne baissent jamais les bras et continuent de foncer sur leur objectif. Depuis un bout de temps il ne cesse d’enchainer les singles. Mais comment ce jeune du quartier Patte D’oie de la ville de Ouagadougou est-t-il parvenu à se glisser sur ce terrain assez difficile à conquérir qu’est la musique ? Quelles difficultés rencontre-t-il et que pense-t-il de la musique burkinabé dans son ensemble ? Autant de questions auxquelles il a bien voulu donner réponses dans cet entretien.

Qui est Kobissi pour ceux qui ne le connaissent pas encore ?

Kobissi : Je suis un nouvel artiste qui évolue en solo. Avant j’étais dans un groupe du nom de ‘’Chicken killa’’, donc je ne m’investissais pas beaucoup pour ma musique solo. Il faut dire aussi qu’il y a un membre qui est parti aux Etats-Unis, nous n’étions plus que deux et cette deuxième personne et moi ne s’entendions pas vraiment.

Maintenant que tu es en solo, comment les choses se passent?

Kobissi : Actuellement je suis en train de faire un album, j’ai déjà enregistré pas mal de titres avec des featurings avec des gens que je connais un peu. Comme titres j’ai ‘’sonneper’’, ‘’je t’aime’’, ‘’le smile’’, et j’en passe.

Dans ‘’sonneper’’, on sent une certaine colère de ta part, et dans ‘’ma chérie je t’aime’’, tu as su trouver les justes mots pour le lui dire, parle-en nous un peu !

Kobissi : Ouais ‘’sonneper’’c’était un son pour me défouler. Disons qu’il fallait que j’évacue certains sentiments avant de continuer. C’était plus pour moi quoi. Quant à ‘’ma chérie je t’aime’’, c’était un peu le vécu qui m’a inspiré. C’est à une chérie je pensais comme ça, une chérie qui m’a d’ailleurs quitté.

Qu’est-ce qui n’a pas marché avec elle ?

Kobissi : Peut-être que c’était la date d’expiration de notre relation (rires).

Que pensent les parents de ce que tu fais ?

Kobissi : Ah là ils voudraient que je laisse tomber pour faire autre chose. En plus de la musique je suis dans le commerce.

Que va finalement décider de faire Kobissi? Uniquement que de la musique ou continuer à faire les deux ?

Kobissi : Je ne souhaite pas faire que de la musique. J’aime le jeu d’acteurs aussi. Si on m’appelle par exemple de venir tout de suite jouer dans un film ou une série je suis chaud. Je suis de ceux qui pensent qu’il ne faut pas faire la musique que pour manger. C’est de l’art, c’est comme par exemple un tableau qu’on peint, on le fait par amour. C’est un truc de fou, je me dis que pour être un artiste il faut être dans la folie.  Il faut chercher quelque chose qui te permet de manger et faire ta musique.

Mais en ce moment, est-ce que la qualité de tes productions ne risque pas de prendre un coût?

Kobissi : Nonnn, je crois que même si tu ne vis pas que de cet art, il ne faut pas non plus faire du vagabondage.  Le gars va dire par exemple qu’il fait de la musique mais dans la journée il n’a besoin que de deux ou trois heures. Il peut donc utiliser le temps restant pour faire autre chose. Même s’il y a les prestations et autres qui te prennent du temps, je pense qu’il faut avoir quelque chose d’autre de côté. On peut être fonctionnaire, travailler dans la semaine et faire sa musique. Je connais un sapeur-pompier dont je ne me rappelle plus le nom qui fait son boulot mais on voit souvent ses clips à la télé. Il faut chercher à investir, genre dans le commerce, les maquis ou l’élevage, j’en sais rien quoi.

Quelles sont les difficultés que tu rencontres?

Kobissi : Les difficultés se résument surtout au fait que j’ai du mal à faire passer mes sons à la radio. Lorsqu’on ne te connait pas trop ou lorsque tu n’as pas l’argent, c’est bizarre pour passer à la radio ou à la télé. Je suis allé déposer un clip à la télé BF1 mais je ne suis pas sûr que ça passe. Le clip n’était pourtant pas vulgaire, c’était tranquille quoi. Peut-être qu’ils le passeront un jour. Mais si j’étais un peu plus connu, je me dis que c’était vite fait quoi.

Tout ça ne renvoie pas au fait que tu sois dans l’auto-production aussi ? On sait bien combien il est difficile, surtout pour un début de s’en sortir dans le milieu musical lorsqu’on s’auto produit.

Kobissi : Oui effectivement ce n’est pas facile. Je pense que si j’avais une maison de production qui allait peut-être s’occuper de tout cela, les choses seraient moins difficiles. Mais je préfère encore faire les choses comme ça. Vous voyez, les gens sont hypocrites, pour un rien ils déconnent. Avec les histoires de sentiments et tout ça, alors je préfère faire les choses à ma manière.

Il y a le plus grand événement musical au Burkina Faso qui se prépare, le Kundé, avec une remarquable présnce féminine dans la catégorie kundé d’or,  qu’en penses-tu?

Kobissi : Le Kundé c’est cool car ça permet aux artistes de se faire valoir. Mais on dirait qu’ils sont un peu renfermés. Chaque fois qu’il y a les kundés je vois ça juste à la télé quoi, on ne sait pas comment les choses se passent exactement. Par exemple si moi je veux être nominé, quels sont les critères. En tout cas qu’ils fassent beaucoup plus de campagnes de communication, je ne sais pas trop. Quant au kundé d’or, Hawa  Boussim est une artiste que je connais déjà. C’est la seule que je connais des trois en fait. Elle est vraiment extraordinaire quoi, elle fait du gros travail. Les deux autres je ne les connais pas bien.

Sur 10, quelle note donnerais-tu à la musique burkinabé? Et pourquoi?

Kobissi : Je donnerais la note de  4 parce que ce n’est pas vraiment extra, les gars ne poussent pas trop loin. Ils se satisfont de peu. Ils se disent qu’il faut faire l’ambiance facile, il n’y a pas beaucoup qui poussent leur voix jusqu’à atteindre le haut niveau. Les performances ce n’est pas ça quoi. Même moi je considère que j’ai encore beaucoup de travail à faire sur mes sons parce que ce n’est pas encore le top.

Quels sont les lieux que tu aimes fréquenter?

Kobissi : Moi je n’aime pas du tout sortir, je ne pars pas en boîte ni dans les maquis sauf s’il y a une occasion avec un ami et on s’assoie prendre un verre. Ça ne m’intéresse pas vraiment. Je préfère regarder la télé, jouer à la console, les séries fantastiques. Je n’aime pas beaucoup sortir.

Quels sont les projets de Kobissi pour 2018?

Kobissi : Pour cette année je compte vraiment sortir pour qu’on me connaisse à travers l’album que j’ai prévu pour le mois de décembre. Le nom de l’album c’est ‘’la sauce est prête’’. Je vais travailler là-dessus toute l’année, je fais des sons, des clips, des collaborations, la promo de l’album. En termes de collaboration j’aimerais en faire avec Will B Black ; dans le hip hop il y a un gars qui s’appelle Alrich, il est bon, on a Buzz Nader également avec qui j’aimerais travailler. Actuellement aussi je suis en train de faire mon propre studio dans lequel je pourrai enregistrer mes sons.

Un mot aux mélomanes burkinabé ?

Kobissi : C’est  pas facile mais ils n’ont qu’à essayer de supporter parce qu’on est dans un tournant. Beaucoup d’artistes ont compris qu’il faut s’améliorer. Il y a un mouvement d’ensemble qui se passe. Tout le monde essaie de faire mieux. Je les invite vraiment à se connecter sur ma page et à écouter ma musique à fond parce que je vais venir en force.

 

 

 

 

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